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Ci-joint un extrait du point de vue de Joseph REGER, directeur technique de FUJIITSU TECHNOLOGY SOLUTIONS édité dans Les Echos du 26/08/11
« Dans le discours qu’elle a tenu à l’occasion du Forum économique mondial à Davos en début d’année, la commissaire européenne Neelie KROES a insisté sur la nécessité, dans le contexte de l’agenda numérique pour l’Europe, de mettre en place une stratégie de « cloud computing » à l’échelle européenne.
Il s’agit maintenant de savoir quand nous serons en mesure de mettre en pratique ces bonnes intentions. L’espace économique européen est un système complexe, qui comprend un grand nombre de pays et donc tout autant de parties prenantes. Construire une infrastructure unifiée et stable : tel est donc le grand défi qui nous attend.
Et, pour ce faire, un certain nombre de conditions doivent être remplies. Notons, avant tout, la nécessité d’une législation unifiée concernant la gestion des données dans le « cloud ». La législation locale est aujourd’hui diamétralement opposée à l’idée de « clouds » transnationaux, que ce soit au niveau européen ou mondial. Au niveau européen, la tendance à la fragmentation devient un inconvénient majeur, au regard de la concurrence et de la situation géographique. Une législation moderne à l’échelle européenne est donc indispensable, par exemple en termes de conformité et de sécurité. Doit-on vraiment empêcher toutes les données brutes de quitter le pays, ou doit-on plutôt veiller à conserver les informations vraiment stratégiques à l’intérieur de nos frontières ?…
Dans le même temps, les fabricants doivent également établir des normes communes, en collaboration avec les gouvernements et les autorités de régulation. En effet, l’absence de normes complique la tâche des utilisateurs précoces du « cloud » car ces derniers font face à des besoins d’intégration accrus et à des coûts imprévisibles. Cette situation risquerait de les décourager dans leur volonté d’utiliser les services du « cloud ». De telles normes renforceraient aussi la fiabilité et l’acceptation du « cloud » sur le marché, renforçant donc ainsi le marché lui-même.
Parallèlement, nous devons trouver une solution à un autre problème : à quoi bon créer des normes si personne ne veille à ce qu’elles soient respectées ? Cet aspect est en effet également capital pour la mise en place d’un « cloud » européen. Et c’est pour cette raison que nous avons besoin d’autorités de certification indépendantes.
Les autorités de certification offrent les moyens et les compétences nécessaires pour faire respecter ces normes, et doivent être reconnues et acceptées par un public aussi large que possible. Elles doivent être réputées, et peuvent même nécessiter l’approbation d’une autorité gouvernementale. Nous sommes donc face à un paradoxe. D’un côté, le monde a peur de Big Brother et, de l’autre, une grande partie de la population a cette croyance inébranlable que les autorités gouvernementales prendront les bonnes mesures. Dans ce débat, les autorités, les institutions et les gouvernements doivent donner l’exemple à l’économie.
Quant aux entreprises, elles doivent déployer elles-mêmes leurs services « cloud » et trouver le moyen de les intégrer à leur parc informatique. Lorsque quelque chose ne fonctionne pas, les entreprises doivent cesser de demander pourquoi aux autorités et découvrir par elles-mêmes une solution au problème.
Dans cinq ans, de nombreuses entreprises ne se demanderont plus quels services peuvent être utilisés depuis le « cloud », mais quels services ne peuvent pas l’être. Bien évidemment, des arguments économiques concrets sont également en faveur de ce modèle. Si nous réussissons à créer ces conditions, le « cloud » européen présentera un réel avantage compétitif : il offrira la fiabilité et la sécurité, qui constituent les deux critères principaux pour l’utilisateur. »
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